UN SAMEDI ... ( ACTE I )

Publié le par grrreg

UN SAMEDI SOIR ENTRE AMIS

 

 

Six jeunes gens, deux couples et deux hommes célibataires, amis de longue date, ne se sont pas revus depuis longtemps. Ils se retrouvent au cours d’un dîner qui signe leurs retrouvailles. Ils évoquent leurs vies, se remémorent des souvenirs, certains heureux, d’autres douloureux….

Epique fresque contemporaine d’une soirée entre amis, qui vous balade entre le rire et l’émotion.

 

  

PERSONNAGES

 

 

ANNIE, la femme de Benoît

BENOIT, dit Kéké, le mari d’Annie

LAETITIA, dit Laeti, la compagne de Romuald

ROMUALD, dit Romu, le compagnon de Laetitia

JEAN-CHRISTOPHE, dit J-Chris ou JC

REGIS

La scène se passe dans l’appartement d’Annie et Benoît.

 

 

 

ACTE PREMIER

 

 

 

SCENE PREMIERE

 

Benoît est assis dans un fauteuil, Annie fait les cent pas.

 

ANNIE. – Peux-tu, s’il te plaît me donner l’heure ?

BENOIT. –La même que tantôt, plus une heure…

ANNIE. – C’est bien le moment de faire de l’esprit !

BENOIT. – Arrête de bouger! Tu m’étourdis !

ANNIE. – On avait dit vingt heures pile,

Je me fais un peu de souci,

Je vois les minutes qui défilent…

Ce n’est pas du style de Laeti…!

Elle n’arrive jamais en retard,

Il commence à se faire tard….

BENOIT. – Enfin, tu connais les copains ?

J-C devait être dans son bain…

Quant à Régis ; il est si lent…

Elle a dû perdre deux heures facilement !

Annie s’assoit un bref instant, et se lève brusquement.

ANNIE. – Où est caché le répertoire ?

BENOIT. – A sa place dans le tiroir !

A qui veux-tu téléphoner ?

ANNIE. – A l’Abbé Pierre ou à Mickey !

A un des quatre évidemment !

Savoir où ils en sont vraiment.

BENOIT. – Si ça peut te faire plaisir…

Peut-être que cela les fera venir.

On sonne.

BENOIT. – Qu’est-ce que je te disais, les voilà !

Et tout ce cinéma pour ça !

ANNIE. – Puisque tu es debout, ouvre la porte…

Tant que tes jambes te supportent.

 

 

SCENE II

 

Romuald et Laetitia entrent dans la pièce.

 

LAETITIA. – Salut Annie ! Bonjour Benoît !

Tu n’as pas changé depuis la dernière fois…

ROMUALD. –Alors les jeunes, on est en forme ?

Parce que nous, on a une pêche énorme !

LAETITIA. – Je suis tellement, tellement contente.

Depuis le temps qu’on s’impatiente…

BENOIT. – Idem pour nous, les amoureux !

Ce soir on va mettre le feu !

ANNIE. – Allez, rentrez qu’on en profite…

Mais où sont les autres acolytes ?

LAETITIA. – On est arrivé chez Jean-Chris…

ROMUALD. –Où on devait rejoindre Régis...

LAETITIA. – Il nous a appelés à moins le quart…

ROMUALD. –Pour nous dire qu’il avait du retard

LAETITIA. – JC a dit qu’il l’attendait…

ROMUALD. –A sa présence on s’est soustrait.

BENOIT. – Vous n’avez vraiment pas changé !

Tu commences ses phrases, il finit les tiennes…

C’est un numéro bien rôdé,

Et cela sans travail et sans peine.

LAETITIA. – Que c’est gentil ce que tu dis là !

Ma petite Annie ; quelle chance on a !

On peut dire que l’on est gâté,

C’est le ciel qui nous les a envoyés.

ANNIE. – Mais vous êtes partis, il y a longtemps ?

ROMUALD. – Ecoute, il y a un petit moment…

Tiens ! JC m’a envoyé un texto :

« Vous pouvez servir l’apéro ! »

BENOIT. – Qu’il en soit ainsi mes amis !

Vous n’avez qu’à suivre Annie,

Elle va vous faire visiter

Cet appartement si cher payé.

ANNIE. – Viens, on va visiter toutes les deux,

Laissons donc les deux hommes entre eux.

Annie et Laetitia sortent de la pièce.

 

 

SCENE III

 

 

 

BENOIT. – Alors Romu, toi qui fus citadin,

La campagne ce n’est pas trop vilain ?

ROMUALD. – Tu veux que je te raconte mon quotidien,

Cela commence dès le matin.

Le jour se lève

Et doucement enlève

A la terre endormie ;

Son épais drap de brouillard

Et son petit blizzard

Qui lui servait de lit.

Belle et douce matinée !

Les oiseaux chantonnent guillerets

Au milieu des perles de rosée,

On entend même un coq chanter.

Et derrière la barrière

On aperçoit une clairière,

Le petit bois d’en face

Tout engourdi dedans sa glace.

Et la jolie antique chaumière

Toute bâtie de vieilles pierres ;

Auréolée de stalactites

Trône au milieu du site…

BENOIT. – Si je n’avais pas peur de l’ennui,

Je crois que tu me ferais envie

Que veux-tu, à chacun sa vie !

Nous sommes tous les deux coincés ici.

Chacun voit midi à sa porte.

Et si la ville me supporte,

Je le lui rends bien !

J’y ai ma famille, mes copains…

En tout cas, on dirait que ça te réussit !

Qu’est-ce que je te sers, mon ami ?

ROMUALD. – Comme d’habitude mon petit kéké !

Ce cocktail dont tu as le secret !

On frappe à la porte.

 

BENOIT. – Enfin les deux retardataires,

ROMUALD. – Jamais ponctuels ! Rien à faire !

 

 

SCENE IV

 

Jean-Christophe entre dans la pièce.

 

J. CHRIS. – Salut Kéké ! Salut Romu !

Vite, un verre que je n’en peux plus !

BENOIT. – Qu’est-ce que tu as fait de Régis ?

Encore sur un rencard factice ?

J. CHRIS. – On peut voir les choses comme ça…

Il est au téléphone en bas.

Il a l’art ; en amour aussi,

De se compliquer la vie !

ROMUALD. – Oh ! Lâchez-lui un peu la grappe !

Jusqu'à ce que l’amour l’attrape…

J. CHRIS. – C’est facile de parler pour toi !

Il m’a mis une tête comme ça !

Avec ses grands raisonnements,

Il m’a saoulé littéralement.

Il m’a fait tout un laïus, les copains,

Sur l’importance de la Saint-Valentin !

ROMUALD. – Il a trouvé une moitié ?

J. CHRIS. – Penses-tu, il se fait « michetonner » !

Depuis plusieurs mois maintenant,

Il fréquente une fille assidûment,

Qui lorgne sur sa décapotable

Et qui le trouve formidable !

Elle lui a offert une fleur

Et cet idiot nage dans le bonheur…

Alors je lui ai dit ce que je pensais

De cette « fête » aseptisée :

Une razzia sur les roses !

On oublie toutes les ecchymoses…

Ainsi donc l’amour à un jour ?

Mieux vaut entendre cela que d’être sourd !

Les cœurs battent la chamade…

C’est une balade, non une parade

De l’amour qui s’expose…

Des gens usés des roses…

Quelques semaines avant le printemps,

A chaque fois comme tous les ans,

C’est la grande fête de l’amour !

De tous les amoureux c’est le jour…

ROMUALD. – Après tout, s’ils s’aiment ?

Je ne vois pas où est le problème ?

J. CHRIS. – Mais ce n’est pas tous les jours la fête !

Et si on ne veut pas que ça s’arrête,

Une fois par an, c’est un peu court,

Pour qu’amour rime avec toujours !

BENOIT. – Je te vois venir petit subtil…

Penses-tu que ses intentions sont viles ?

J. CHRIS. – Il lui offre l’Egypte et le Pirée…

Elle lui donne un petit bouquet.

Il l’invite dans les plus jolis restos,

Il l’a fait sortir, lui offre des cadeaux…

Il la noie dans les fraises et le champagne,

Et reste en bas quand il la raccompagne.

ROMUALD. – Elle est peut-être un petit peu prude ?

BENOIT. – Ou la vie l’a rendue un peu rude ?

J. CHRIS. – En tout cas pas avec son ex !

Il a une maison dans le Sussex

Où elle va une fois par mois,

En tout bien, tout honneur, cela va de soi !

ROMUALD. – Alors là, je l’avoue, je m’incline…

Elle n’est pas claire sa copine.

BENOIT. – Attention je l’entends arriver !

Il est en train de monter l’escalier…

On frappe.

 

 

 

SCENE V

 

Entre Régis.

 

REGIS. – Bonsoir Benoît… Excuse –moi ! …

Où est Annie ? Elle n’est pas là ?

BENOIT. – Elle est à côté, avec Laëti.

Bienvenue dans mon humble logis !

Allez les filles, rassemblement !

Celles qui veulent trinquer c’est maintenant !

Au bar, vous attend le roi du shaker,

Prêt à servir les cocktails, les meilleurs !

REGIS. – A consommer avec modération…

BENOIT. – Même si on dort à la maison !

ROMUALD. – On n'est pas là pour se saouler…

On a tellement de choses à se raconter.

REGIS. – Des cuites, on en a assez vécues !

BENOIT. – Ce n’est pas toi qui diras le contraire, Romu ?

ROMUALD. – De quoi veux-tu donc nous parler ?

BENOIT. – Tu te rappelles du « marseillais » ?

 

Exclamations et rires de part et d’autres.

 

J. CHRIS. – De quelle histoire, vous parlez ?

REGIS. – Attends, je vais te la raconter :

Un soir incrédule

A la sortie d’un café,

Plein de noctambules

Finissent ensemble de se saouler.

Dans un petit square ;

A l’abri des phares,

Il ne la connaît pas

Et fait n’importe quoi.

Il attrape une femme

Qui lui plaît, par la main.

Il suit le macadam,

Part un petit peu plus loin,

Il la couche par terre

Et sans émotions,

Ils s’apprêtent à faire

L’amour sans passion.

Quelqu’un surgit soudain

Et s’exclama :

BENOIT, avec un accent du sud-ouest. – « On se lève tôt demain,

Ghislaine ! On s’en va ! »

ROMUALD. – Son copain n’était pas loin…

Ce soir là, je n’y voyais rien…

L’alcool rend idiot,

Quand on en boit trop !

 

La porte de la chambre s’ouvre, arrivent Annie et Laetitia…

 

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Publié dans grrreg1

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