un samedi .... (suite 2)
ACTE PREMIER
SCENE PREMIERE
Benoît est assis dans un fauteuil, Annie fait les cent pas.
ANNIE. – Peux-tu, s’il te plaît me donner l’heure ?
BENOIT. –La même que tantôt, plus une heure…
ANNIE. – C’est bien le moment de faire de l’esprit !
BENOIT. – Arrête de bouger! Tu m’étourdis !
ANNIE. – On avait dit vingt heures pile,
Je me fais un peu de souci,
Je vois les minutes qui défilent…
Ce n’est pas du style de Laeti…!
Elle n’arrive jamais en retard,
Il commence à se faire tard….
BENOIT. – Enfin, tu connais les copains ?
J-C devait être dans son bain…
Quant à Régis ; il est si lent…
Elle a dû perdre deux heures facilement !
Annie s’assoit un bref instant, et se lève brusquement.
ANNIE. – Où est caché le répertoire ?
BENOIT. – A sa place dans le tiroir !
A qui veux-tu téléphoner ?
ANNIE. – A l’Abbé Pierre ou à Mickey !
A un des quatre évidemment !
Savoir où ils en sont vraiment.
BENOIT. – Si ça peut te faire plaisir…
Peut-être que cela les fera venir.
On sonne.
BENOIT. – Qu’est-ce que je te disais, les voilà !
Et tout ce cinéma pour ça !
ANNIE. – Puisque tu es debout, ouvre la porte…
Tant que tes jambes te supportent.
SCENE II
Romuald et Laetitia entrent dans la pièce.
LAETITIA. – Salut Annie ! Bonjour Benoît !
Tu n’as pas changé depuis la dernière fois…
ROMUALD. –Alors les jeunes, on est en forme ?
Parce que nous, on a une pêche énorme !
LAETITIA. – Je suis tellement, tellement contente.
Depuis le temps qu’on s’impatiente…
BENOIT. – Idem pour nous, les amoureux !
Ce soir on va mettre le feu !
ANNIE. – Allez, rentrez qu’on en profite…
Mais où sont les autres acolytes ?
LAETITIA. – On est arrivé chez Jean-Chris…
ROMUALD. –Où on devait rejoindre Régis...
LAETITIA. – Il nous a appelés à moins le quart…
ROMUALD. –Pour nous dire qu’il avait du retard
LAETITIA. – JC a dit qu’il l’attendait…
ROMUALD. –A sa présence on s’est soustrait.
BENOIT. – Vous n’avez vraiment pas changé !
Tu commences ses phrases, il finit les tiennes…
C’est un numéro bien rôdé,
Et cela sans travail et sans peine.
LAETITIA. – Que c’est gentil ce que tu dis là !
Ma petite Annie ; quelle chance on a !
On peut dire que l’on est gâté,
C’est le ciel qui nous les a envoyés.
ANNIE. – Mais vous êtes partis, il y a longtemps ?
ROMUALD. – Ecoute, il y a un petit moment…
Tiens ! JC m’a envoyé un texto :
« Vous pouvez servir l’apéro ! »
BENOIT. – Qu’il en soit ainsi mes amis !
Vous n’avez qu’à suivre Annie,
Elle va vous faire visiter
Cet appartement si cher payé.
ANNIE. – Viens, on va visiter toutes les deux,
Laissons donc les deux hommes entre eux.
Annie et Laetitia sortent de la pièce.
SCENE III
BENOIT. – Alors Romu, toi qui fus citadin,
La campagne ce n’est pas trop vilain ?
ROMUALD. – Tu veux que je te raconte mon quotidien,
Cela commence dès le matin.
Le jour se lève
Et doucement enlève
A la terre endormie ;
Son épais drap de brouillard
Et son petit blizzard
Qui lui servait de lit.
Belle et douce matinée !
Les oiseaux chantonnent guillerets
Au milieu des perles de rosée,
On entend même un coq chanter.
Et derrière la barrière
On aperçoit une clairière,
Le petit bois d’en face
Tout engourdi dedans sa glace.
Et la jolie antique chaumière
Toute bâtie de vieilles pierres ;
Auréolée de stalactites
Trône au milieu du site…
BENOIT. – Si je n’avais pas peur de l’ennui,
Je crois que tu me ferais envie
Que veux-tu, à chacun sa vie !
Nous sommes tous les deux coincés ici.
Chacun voit midi à sa porte.
Et si la ville me supporte,
Je le lui rends bien !
J’y ai ma famille, mes copains…
En tout cas, on dirait que ça te réussit !
Qu’est-ce que je te sers, mon ami ?
ROMUALD. – Comme d’habitude mon petit kéké !
Ce cocktail dont tu as le secret !
On frappe à la porte.
BENOIT. – Enfin les deux retardataires,
ROMUALD. – Jamais ponctuels ! Rien à faire !