chapitre 6

Publié le par grrreg

CHAPITRE VI

 

 

                                   Après avoir relu la lettre, le journaliste s’écrit :

-                          « Alors c’est donc ceci qui a mis le feu aux poudres ! C’est un ramassis de lieu-commun et d’ineptie… Complètement démagogique !!! Quant à votre style, je n’en parle même pas…

-                          Et vous avez raison de ne pas commenter la forme de cet écrit ! Ce n’est pas le plus important. C’est le fond qui prévaut. Quand le sage montre du doigt la vérité, l’idiot regarde l’index. Si vous ne voulez pas voir les choses telles qu’elles sont, cela vous regarde… J’ai toutefois l’impression que c’est une attitude marginale au vue de ce qui s’est passé ces derniers jours. Je n’ai fait que mettre en mot ce que tous mes compatriotes ressentaient sans oser se l’avouer. Cette lettre est peut-être insipide pour vous mais c’est la seule chose qui justifie ma présence ici. M’avez-vous vu dans la manifestation, accompagner le cortège, haranguer la foule ? Non ! Cette lettre au style si pathétique selon vous, à ma grande surprise d’ailleurs est le catalyseur de tous ce qui s’est passé ces derniers jours. Cet écrit qui ne donne aucun nom de personnes ni de partis, qui n’appelle pas à l’insurrection, encore moins à la violence…Est-ce que vous vous rendez compte que c’est seulement sur ceci que repose tous les chefs d’accusations. Je veux croire que cette situation dans laquelle je me trouve actuellement n’est que transitoire. Aucun jury populaire ne me condamnera… J’en suis persuadé…

Le bruit de la clé tournant dans la serrure fait sursauter le prisonnier, le garde passe la tête et leur dit : «  Cinq minutes ! … »

Le journaliste relit ses notes, relève la tête et dit : « Très bien… Je vous remercie M. Janvier pour cet entretien fort instructif…

-          Je vous en prie… Vous savez les distractions sont si rares dans cet établissement.

-           Elles risquent de se faire de plus en plus rare, si vous voulez mon avis, car si vous êtes optimiste en ce qui concerne votre avenir, je ne le suis pas pour vous.

-          Auriez-vous des informations que l’on me cacherait ou c’est juste votre « intuition journalistique » ?

-          Vous ne vous rendez pas bien compte de ce qui se trame depuis plusieurs jours ! Le gouvernement, après une courte période de flottement a très bien réagis… Les entrevus qu’elle organise avec les diverses organisations politiques, syndicales ou apolitiques se passe très bien ! De plus l’opinion publique s’est calmée à présent.

-          Et alors ?

-          Vous vous croyez à l’abri, protégé par un procès populaire, mais ce n’est qu’un leurre.

-          Comment ça ?

-          M. Janvier… Ecoutez-moi bien… Vous allez être jugé soit par un tribunal militaire, soit par un tribunal civil à huis clos. Et vous serez condamné… J’en suis persuadé.

-          Je ne vous crois pas … Le public n’acceptera pas ! …Un tel procès serait un suicide politique pour le gouvernement… Ils seraient condamnés par la communauté internationale !

-                          Comme vous êtes naïf ! Après le journal de ce soir, plus personne n’accordera crédit à vos paroles…

-                          Qu’est-ce que vous me racontez-là ? J’ai été clair, non ? Vous avez tout filmé de surcroît ! Les gens se feront leur propre opinion… Je me fis à leur bon sens !

-                          Parce que vous croyez que je vais tout diffusé ? J’ai une heure d’interview et je dois en extraire cinq minutes, au mieux ! Nous verrons bien ce que pensera la populace quand elle aura entendu le montage que je vais leur donner. De plus j’ai déjà convoqué les meilleurs experts psychiatriques… J’ai déjà lu le profil dont ils vont vous affubler. Il est gratiné… Tout était déjà ficelé avant que j’arrive ! … Ce soir à la « grande messe  du vingt heure » on va exploser l’audimat ! Quelle exclusivité ! Je tiens à vous remercier, grâce à vous, je vais rester auprès des téléspectateurs et de mes patrons, comme le journaliste « numéro 1 » de ce pays… La voix et l’image de l’information française….

-                          La voix de son maître ! … Rien de plus M. Constantino. Un subalterne, un arriviste sans déontologie ni honneur. Comme il en a existé de tout temps sous Hitler, Staline, Pol pott… Sauf que vous ce n’est pas par lâcheté que vous agissez, juste par intérêt. Je ne sais pas comment vous pouvez vous regarder en face ! …

La porte s’ouvre à nouveau, le garde accompagné de deux hommes en costumes font irruption dans la pièce.

-                          Allez Janvier, la récréation est terminée, dit le garde

-                          Sans rancune, dit le journaliste

-                          Allez brûler en enfer ! , dit Janvier.

-                          Viens mon grand ! On a quelques questions à te poser…

 

 

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Publié dans roman

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