Chapitre 7
Dans un bâtiment officiel parisien,, derrière un somptueux bureau, le Ministre fait face à trois hommes en costumes. Celui qui est le plus a sa droite est M. François Afferme, le patron de la D.G.S.E., les deux autres sont les agents sous ses ordres : Duquant et Laflour. Ils ont été convoqués à ce rendez-vous secret, car ils sont chargés d’une mission « particulière » :
« Messieurs, vous n’êtes pas sans savoir que les événements survenus il y a quelques jours sont d’une gravité comme la cinquième république en a rarement connu. Il est de notre devoir de nous assurer, chacun à notre niveau que de tels drames ne se renouvellent plus. Même si la tension est un peu retombée aujourd’hui, la trentaine de mort qu’on fait les émeutes devant l’assemblée nationale ont marqué les esprits. Cette vision d’insurrection pourrait donner des idées à quelques esprits dérangés. Nous ne pouvons pas prendre le risque qu’un tel chaos se reproduise au sein de la capitale… Ni dans n’importe quelle ville d’ailleurs ! Grâce à l’appuie des médias, l’opinion s’est un peu retournée contre celui qu’elle estime responsable de ces événements : Le dénommé Janvier. Continuez M. Afferme…
- « Messieurs, M. le ministre m’a montré cette interview ; réalisé hier par M.Constantino auprès du terroriste. Elle passera ce soir au journal télévisé. Ecoutez…
- M.Contantino : M. Janvier, comment vous définiriez-vous ?
- M. Janvier : Je suis un homme libre M. Constantino ! …Et on ne me fera pas taire.
- M.C. : Quelles est votre idéologie ?
- M.J. : Proche du communisme…Je voulais changer le monde, je suis allé à quelques réunions, la machine s’est emballée…Sans hésitations je dirais que je penche pour générer une explosion dans la tête de vos téléspectateurs.
- M.C. : Q ‘entendez-vous par-là ?
- M.J. : La république… Ce n’était pas mon truc. Par contre, il n’est pas trop tard pour tenter de la contrôler.
- M.C. : Vous parlez de contrôle, à ce propos que pensez-vous des événements survenus lors de la manifestation… Les coups de feu… Les victimes.
- M.J. : Je suis le seul responsable des débordements inhérent à cette manifestation ! Moi, qui jusqu'à lundi dernier était un parfait inconnu pour la totalité de la population française ! Quand on ne respecte plus les valeurs essentielles alors il est de notre devoir d’agir ! C’est ce que j’ai fait. Je suis prêt à me battre pour mes idées…Je suis capable de m’armer véritablement pour tuer des gens.
- M.C. : Vous êtes tout de même un peu seul à être dans ce cas, non ?
- M.J. : J’ai une organisation derrière moi, pour me protéger ou m’appuyer par sa logistique. Et surtout ne croyez pas que je bluffe…
- M.C. : Vous voulez dire qu’il y aurait d’autres personnes liées à ces évènements ?
- M.J. : Je n’ai fait qu’obéir à des ordres…Une dernière chose…Notre pays mérite mieux ! Si nous nous regardons en face, le monde en fera autant…Vive la France !
L’interview se termine ainsi, et le journaliste reprend l’antenne : « C’est tout ce que nous avons pu obtenir du terroriste, ce dernier s’étant levé pour clore la discussion. Il faut dire qu’il était dans un état très agité quand il m’est apparu. Je crois que le fait de lui avoir fait dire qu’il y avait une organisation derrière lui, l’a profondément agacé et c ‘est pour cela qu’il nous a fait faux bon. Quoi qu’il en soit… »
Le ministre se lève de sa chaise et éteint le téléviseur, puis il se tourne vers les deux militaires et leur dit : « Messieurs, dans quelques heures cette cassette sera montrée à la France entière. Comme vous pouvez le constater, elle est très instructive. Je vous avoue volontiers que j’aurais préféré que cet homme soit un solitaire, un illuminé… Malheureusement ces dires et les diverses investigations entreprises à ce jour nous prouvent le contraire. Malheureusement, malgré nos efforts, le prisonnier ne nous dit rien sur ses complices éventuels, sur leurs projets, leurs équipements, leurs moyens… Nous prenons ce danger potentiel très aux sérieux. C’est pour cela qu’il a été mis sur pied cette mission. Poursuivez Monsieur Afferme…
- Suite à ses dernières déclarations il a été décidé de transférer le détenu dans un lieu tenu secret, hors de métropole en vu de dissuader tout projet de tentative d’évasion. C’est pour cela que l’on fait appel à nous. Vous irez ce soir récupérer le terroriste sur le lieu de sa détention, puis vous allez le convoyer vers le lieu indiqué sur cette feuille de route. Une fois la mission exécutée, vous me rendrez-compte personnellement, selon la procédure habituelle. Des questions ?
- Monsieur, dit Duquant, pourquoi fait-on appel à nos services ? Ce travail est pour la D.S.T., non ?
- Vous avez tout à fait raison jeune homme, dit le ministre, mais à supposer qu’il y ait des fuites, si l’on apprend que se sont des agents du contre-espionnage français qui ont fait transiter notre homme, cela confortera l’idée qu’il n’est plus en France. Ils s’évertueront à le chercher hors de nos frontières, et c’est exactement ce que nous voulons !
- Comme le dit très bien monsieur le Ministre, le plus important, ce n’est pas que le prisonnier quitte le sol français, c’est que nos ennemis en soient persuadés. Par ailleurs, si vous regardez votre feuille de route vous verrez bien qu’en fait, en lieu et place d’un petit voyage exotique aux frais du contribuable, vous devez l’emmener tout d’abord, dans une petite ferme isolée… Une fois arrivés sur place, vous frappez ( code Fox Trot-Tango), vous rentrez, vous livrez l’individu puis vous repartez au plus vite.
- Messieurs, je me permets d’insister à nouveau sur l’importance de cette mission ! Une fois que nous l’aurons mis au secret, il ne pourra plus se taire. Nous savons que cette organisation a finalisé un projet d’attentat qualifié selon nos informations de " colossal ". Les méthodes d’interrogatoires conventionnelles ne marchant pas, le danger étant plus que jamais présent, nous n’avons pas le choix. Il nous faut à tout prix le faire parler ! Voilà, vous savez ce que vous devez savoir, pour le reste suivez scrupuleusement les instructions qui se trouvent sur votre feuille de route… Vous voyez quelque chose à rajouter M. Afferme ?
- Non, je crois que tout est clair, ils savent ce qu’ils ont à faire et ce que l’on attend d’eux.
- Dans ce cas, je ne vous retiens pas, nous avons vous et moi, des responsabilités des devoirs… Messieurs, au travail… M. Afferme ! Restez s’il vous plait ! Je dois m’entretenir avec vous d’une autre affaire fort délicate qui …
La porte se referme derrière les deux agents qui se garde bien d’échanger leurs points de vu sur cette affaire. Pas dans un couloir… Se sont des professionnels… Ils attendront d’être dans un lieu sécurisé.